Voyage dans le passé Aller Retour Quelques jours plus tard je partis également rejoindre mon champ de bataille, ce n'était pas le Front près du Rhin mais une sorte de forteresse entre la mer et le Mont Saint-Clair, le collège de SETE aujourd'hui Lycée Paul VALERY. Après une brillante carrière dans le primaire, mes parents m'avaient orienté vers le secondaire pour apprendre... le Latin! Je dois dire que je n'étais pas chaud mais on ne me demanda pas mon avis. Ce n'était pas ma première rentrée dans cet Etablissement où j'avais mis les pieds pour la première fois en 1938. Je connaissais très bien les lieux qui étaient devenus pour moi bien plus familiers que le Latin. Cette langue de l'antique ROME ne m'attirait point, peut être me semble-t-il parce que je faisais avec exagération le rapprochement avec l'église latine ou l'église tout court dont les cérémonies les exaltations pour ne pas dire les lamentations non seulement ne me troublaient pas mais me paraissaient inutiles et anachroniques. Ce fut sans doute là le point de départ de mon athéisme. J'étais en pension chez mes grands parents, c'était une consolation, d'autant qu'ils avaient décliné toute responsabilité sur mes déclinaisons. Mais il fallait quand même s'incliner devant le grand-père en lui remettant le bulletin scolaire. Mon grand-père était sévère et me complexait fortement. C'était un grand et bel homme à la fière allure d'un officier de cavalerie. Le regard clair et perçant, peu souriant, le rire froid et court. Le cheveu ras, la moustache bien faite ajoutaient encore à cette sévérité.
Malgré tout il était bon et juste, et je crois avoir été juste en faisant ce portrait avec encore mes yeux d' enfant. Enfin je m'habituai à lui, bien que je le sentisse trop souvent trop intéressé par mon travail scolaire, ce qui était pourtant normal et louable. Déjà je manifestai quelque irritation à la contrainte. J'avais acquis, du moins je le croyais, une expérience secondaire et une maturité d'esprit suffisantes pour qu'on m'accorde une certaine confiance et qu'on admette au moins de temps en temps des idées que je pouvais suggérer. Il me semblait être arrivé à l'âge du dialogue, il n'a pas eu lieu, ni à ce moment là ni plus tard. Malgré une certaine force de caractère, une intransigeance de l'esprit, un culte sûr de l'honnêteté, il y avait chez mon grand père quelque peu de naïveté. Dans une certaine mesure et comme beaucoup d'autres à l'époque, il a cru lui aussi à « CESAR ». C'est une photo de l'ex. Maréchal PETAIN que je revois posée en évidence sur le buffet de la cuisine qui m'amène à cette déduction. Ce jour là fut une des rares occasions où il n'a pu cacher sa satisfaction et m'honorer de sa congratulation. Cela pour une photo publicitaire, accompagnée de félicitations hypocrites, et qui avait été adressée aux écoliers de FRANCE en remerciement d'un dessin imageant le 'Retour à la terre' et exécuté dans les écoles pour illustrer la politique du Gouvernement de VICHY, contenue dans la devise « TRAVAIL-FAMILLE-PATRIE ». Une devise qui devint une triste trilogie: le travail au service de l'Allemagne, l'extermination de la famille ; la soumission de la patrie, finalement, je crois qu'il traversa cette période avec d'autant plus d'indifférence qu'elle se situait dans la dernière décennie de sa vie. Je ne voudrais à aucun moment altérer la mémoire de mon grand-père que j'ai aimé sincèrement et de la seule façon dont aime la plupart des petits enfants.
Si je l'ai aimé, je n'ai pu ni l'adorer, ni l'admirer; sans doute à cause de ce défaut de chaleur humaine qui n'émanait pas de son être, la communication ne se faisait pas, pourtant il y avait des occasions où il savait être affectueux.. Ce côté bienveillant était dû à l'influence que ma grand'mère exerçait sur lui. Elle était d'une infinie bonté, d'une tendresse maternelle incommensurable, et dotée d'une joie de vivre qu'elle répandait autour d'elle, sans parcimonie, sans discrimination. Il n'y eut personne, qu'elle n'aimât pas, nous l'adorâmes tous et nous l'adorons toujours. Elle avait le don de déceler les tourments de son entourage, les drames qui se préparaient, mais elle était toujours là pour tempérer et guérir. C'était celle à qui chacun de nous se confiait. En quelque sorte elle fut le poumon d'acier, le noyau de la famille une tête pensante et agissante. Sa vie ce fut de voir le bonheur des autres, elle vivait pour eux et à travers eux. leurs peines et leurs joies étaient les siennes.
Merci Monyclaire je souhaite évidemment que mon livre vous plaise et que vous trouviez la ballade agréable en vous baladant tout au long de ses quelques pages. J'en serai fort heureux. Je ne connais pas encore vos oeuvres ,mais j'y pense ,alors nous aurons l'occasion de nous rencontrer sur TBE. A bientôt, Amicalement Raoul
PS . Je ne sais pas ce qu'il se passe mes bannières ont des caprices ce soir.... la fatigue peut être?
Heureux que vous soyez de retour sur le forum ,je vous parlerai de votre 'Victoire' que je susssure toujours ,toujours égale à vous même ,demain je vous en dirai plus ,ce soir je suis dépassé . Je vous embrasse itou, Raoul,
Vous vous passerez de ma bannière ce soir elle a des caprices.
Je ne fais jamais la prière, lire 'AMERE VICTOIRE' la remplace largement ,elle est toujours à mon chevet. Mes hommages à la dame de l'ombre . A Bientôt, Bises sur le front, RAOUL
Eclat de rire ! Ne prenez pas Amère Victoire pour la bible, je vous en prie.
Bientôt sortira un autre livre , comme disait ma petite Victoire : Inch'Allah ! mais celui-ci, je me ferai une immense joie de vous l'offrir puisqu'il parlera des Hommes.
une grosse bise sur la joue ! Prenez-bien soin de vous, votre passage éclaire de votre LAMPE le forum. Ombre.L Marine