Un sentiment étrange, me dit-elle
« Après m’être aspergé le visage d’eau, tiède bien que je n’eus actionné que le robinet d’eau froide, je m’approchai du lit et m’y allongeai, indifférent aux cris des enfants, au claquement régulier du ventilateur et au spectacle des pâles tournoyant au-dessus de la moustiquaire roulée et nouée, indifférent à ma présence même ; je me contentais de sentir que j’avais un corps et que je respirais… comme si mon âme s’immisçait soudain, prenait vie, dans le corps d’un oustaz al faransiy, un professeur de français, que j’allais découvrir peu à peu et dont je ne connaissais rien… »
Comment Adrien DEPSCHER se retrouve-t-il au cœur de Khartoum, parmi d’autres professeurs expatriés désœuvrés, enseignant le français à des élèves soudanais indifférents ?
Le manuscrit qu’il semble cacher recèle-t-il une vérité vécue quelques mois plus tôt au Congo lors d’une expérience dans l’action humanitaire ou n’est-il que le fruit de son imagination ?
Au fil de la révélation du douloureux secret d’Adrien et de ses rencontres avec Amélie, Evariste, Noura et bien d'autres, se dessinent les visages contrastés de l'Afrique.


