Premier volume d'une recherche littéraire débutée il y plus de vingt-cinq ans.
Extrait :
Parler de la légèreté de l'âme et des gravités du cœur. Coûte que coûte s’arrimer au monde, ne faire qu'un, se reconnaitre aussi, traverser d'autres étendues, interpréter les destinations, décrire les accidents, précéder toute innocence et donner grâce à toute faute, aboutir, s'estimer. S'aimer enfin ! S'aimer dans une longue inspiration sans précaution jusqu'à l'incendie ou la révolte ou la disparition. Redoubler d'exigence dans l'ultime recommandation faite à soi-même : va !
Début agacé que ce début de la fin de l'histoire. Agacé de débuter pour forcément finir, se résorber dans l'histoire, prédiction de la fin, innocence des débuts. Aller ou danser ou tourner n'ont pas de sens, nul possible dans le vacarme des manèges de la fête. Cette vanité de débuter, cette rancœur de devoir achever. La fin est encore un début, rebut de tous les débuts possibles et de toute fin qui pourrait être dite. Pour une fois, mais pour la dernière fois, finir sur un silence. Tous les débuts sont vains et toutes les fins sont fades. Ni début, ni fin ! Entre les deux, les redites et les remaillages des premiers mots sont interminables. Les premiers seront les derniers. La fin se dérobe dans les commencements, on tombe avant de débuter. Anéantissement que d'aller d'un bord à l'autre, aller droit à l'épilogue serait une meilleure façon de faire, épilogue de tout début et de toute fin. Va !



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